KANTE FARO MÉCONTENT POUR LA MAUVAISE RÉPARTITION DU FOND D’AIDE AU MONDE DE LA CULTURE POUR LUTTER CONTRE LA COVID 19.

 KANTE FARO MÉCONTENT POUR LA MAUVAISE RÉPARTITION DU FOND D’AIDE AU MONDE DE LA CULTURE POUR LUTTER CONTRE LA COVID 19.

Monde culturel et Gestion du Covid 19/ Kanté Faro (Président des managers culturels) sans équivoques :

« Je ne peux mentir pour dire qu’on nous a soutenu, nous n’avons rien eu »

« Quelques sacs de riz, est-ce cela le soutien promis sur les antennes ? »

« Les élections arrivent, nos hommes politiques, c’est encore vers nous, qu’ils se tourneront… »

Face à la situation difficile endurée par le monde culturel en ce moment, du fait de la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid 19, le président des managers des artistes de Côte d’Ivoire, Kanté Faro ne décolère pas. Car pour lui tout ne semble pas aller dans le sens souhaité, le monde culturel est le plus grand oublié.

Quel regard portez-vous sur la gestion de la Covid 19 au niveau du monde culturel par le Gouvernement ?

Pour ma part la gestion de la crise sanitaire de la Covid 19 au niveau du monde culturel n’a pas été du tout satisfaisant. Je ne peux même dire que cela n’a pas été satisfaisant puisque rien n’a été fait pour le monde culturel. Notre secteur qui est le plus grand pourvoyeur d’emplois avec plus de 390 corps de métiers est le plus sinistré mais il est totalement abandonné au détriment d’autres secteurs. C’est ce secteur qui est négligé, allez y comprendre quelque chose. Tout ce beau monde qui rend fonctionnel le secteur culturel est défavorisé. Alors que nous sommes les plus nombreux, prenez simplement les artistes en herbe, ils sont plus de 43,000 assemblés aux autres corps de métiers nous avoisinons des milliers et des milliers de personnes, tous marginalisés. Car nous ne vivons pas de notre art. Et c’est vraiment malheureux. Je ne peux mentir pour dire qu’on nous a soutenu, nous n’avons rien eu, non personne ne nous soutient. Des dons et beaucoup d’ailleurs ont été faits mais exclusivement aux autres secteurs à qui l’on accorde beaucoup plus d’importance qu’à nous autres. Il est grand temps que le monde culturel se lève et s’organise pour réclamer sa part, s’il désire compter vraiment aux yeux du Gouvernement. L’Etat de Côte d’Ivoire ne nous a jamais aidé, je me demande bien si notre gouvernement sait que nous existons. Car nous ne voyons pas ce qu’il fait concrètement pour nous. Depuis que nous avons été frappé de plein fouet par cette funeste pandémie, nous n’avons aucunement senti véritablement la main de l’Etat. Avec l’arrivée de la ministre Raymonde Goudou encore intérimaire, le Bureau ivoirien des droits d’auteur (BURIDA) nous a fait appel aux présidents des associations du monde culturel pour leur remettre 15 sacs de riz chacun de cinq (05) kg, juste çà pour des associations regroupant 300, 400 voire plus de 500 membres. Que peut-on faire avec si peu, est ce que c’est cela le soutien qu’on promet sur les antennes ? A mon sens, le Gouvernement ne nous soutient pas, aucun appui ni geste de bonne volonté à notre endroit, nous attendons toujours l’aide de l’Etat, peut être que cette aide est en route. Sinon pour l’heure rien du tout n’a été fait pour le monde culturel.

Avec le Burida et diverses directions sous la tutelle du ministère de la Culture, le Gouvernement apporte un mieux-être au monde culturel, que répondez-vous à cela ?

Toutes nos difficultés sont liées à la gestion approximative du monde culturel par les ministres qui se sont succédés. Ils n’ont pas été incisifs et efficaces face aux problèmes des acteurs de notre secteur. Ils ont plutôt pensé à se sucrer sur notre dos, sinon comment comprendre qu’un milieu si porteur soit un panier à crabes. Dans les registres du Ministère de la Culture et de la Francophonie, on dénombre plus de 400 associations et structures qui reçoivent des subventions et des appuis alors que nous qui sommes dument constitués, nous n’avons jamais reçu un franc, même pas de quoi acheter un bonbon. Où va donc tout cet argent, qu’on nous le dise sinon c’est de l’anarchie, c’est du n’importe quoi qu’on nous sert depuis, cet argent jamais nous avons vu la couleur, il n’est pas chez nous en tout cas. Notre ministère de tutelle ne nous a jamais aidé, je pèse mes mots », fait-il remarquer. Je pense sincèrement que le Burida doit être géré par des artistes, l’Etat ne doit pas y avoir sa main. Parce que tous ceux et celles à qui cette structure a été confié l’ont totalement spolié et ont littéralement vidé les caisses de cette structure, ils se sont servis à nos dépens. Ils ne règlent pas les problèmes des artistes. C’est tout aussi déplorable car les artistes également ne sont pas transparents. Lorsqu’ils mènent un combat pour la légalité, une fois ce combat remporté et aux affaires, ils deviennent amnésiques, ils oublient tout. Et pensent uniquement à comment se goinfrer aussi, se sucrer sur le dos des artistes qui ont lutté avec eux pour cette avancée, c’est pitoyable. Cela donne à penser qu’on prend les mêmes et on recommence. L’Etat doit comprendre et faire réellement confiance aux artistes afin qu’il gère eux-mêmes leur maison commune. Parce qu’ils connaissent mieux leurs problèmes. C’est dommage pour la culture ivoirienne, lorsqu’un artiste qui a trimé dur pour se faire une place au soleil récolte 16,000 FCFA comme droits d’auteur, après des années de dures labeurs. Et quand on pense que notre pays est la plaque tournante de la musique africaine, mais que dans les autres Etats, les artistes sont les mieux lotis que nous, c’est risible.

Selon vous, qu’est ce qui doit être donc concrètement fait pour sortir le secteur culturel de l’ornière ?

Nous avons un nouveau ministre de la Culture, mon avis la dessus c’est pas ce que nous voulons. On ne peut pas aller prendre un Docteur de la santé pour venir gérer la Culture, ce sera toujours la même chose. Mme la Ministre Raymonde Goudou ne pourra régler nos problèmes dans le fond parce qu’elle ne maitrise rien. Elle est venue, elle va rentrer dans le même système et on tournera en rond. Je pense que le Gouvernement doit nous faire confiance, porter à la tête du ministère de la culture un artiste, ce ne sont les cv qui manque. Un artiste à la tête de notre ministère, il saura mieux gérer ce secteur car il en est issu. Il vit au quotidien les problèmes que nous avons, nous connait bien mieux. Asalfo peut être ministre de la Culture, pourquoi pas le prendre et travailler avec lui pour notre bien-être, son parcours est édifiant. Prenez son festival le FEMUA, il ne se chiffre pas à des milliards mais il est très bien organisé, nettement meilleur que le MASA en perte de vitesse et à la recherche de ses marques. S’il est notre ministre de tutelle, il saura organiser ce ministère dégager tous les bouffeurs et usuriers qui sont tapis dans ce ministère. Il pourra apporter un renouveau et insuffler l’espoir. Notre monde culturel compte 390 corps de métiers, il n’y a pas que les artistes qui font rayonner la culture ivoirienne. Derrière les artistes chanteurs les plus connus, il y’en a beaucoup d’autres notamment les humoristes, les managers culturels, cinéastes, les choristes, les sculpteurs, les peintres, pour ne citer que ceux-là. Si on dit que l’artiste Asalfo ne peut être choisi car il faut être un homme du même bord politique. Alors pour le politique, le choix peut se porter sur le conseiller du Premier Ministre, Touré Souleymane, c’est un féru de culture, il aide énormément le monde culturel. Regardez les pays comme le Ghana, le Nigeria, le Burkina-Faso, le monde culturel est en mouvement, se porte comme un charme.

Avez-vous un appel à lancer ?

Le monde culturel souffre le martyr, on ne sait pas quand la pandémie prendra fin. Il faut que le Gouvernement pense énormément à notre secteur et réagisse. Notre milieu va mal, la situation que nous vivons n’est pas reluisante. Ils doivent nous aider car lorsque les élections arrivent, nos hommes politiques, c’est encore vers nous, qu’ils se tournent et dont ils ont besoin pour se faire entendre, remplir les lieux des meetings. Notre secteur est le plus touché et le plus affecté par cette crise et voilà que personne ne réagit face à ce que nous vivons actuellement. Les artistes ne vendent plus d’albums du fait de la piraterie. Ils n’ont que les spectacles pour vivre. Aujourd’hui, nous sommes en face d’une situation de crise sanitaire où ils ne peuvent pas se faire de l’argent, y a plus «gombo». Même voyager, on ne peut plus, on ne peut même pas sortir d’Abidjan pour aller quelque part. Personne ne se soucie du sort des artistes, est-ce normal ? Je finis par me poser la question de savoir si notre milieu est vraiment respecté. Car comment comprendre que ceux, grâce à qui on dit que la Côte d’Ivoire est la plaque tournante de la musique Africaine, soit laissés pour compte et oubliés. De l’autre côté, ceux qui sont sensés nous assister, notre maison le BURIDA, n’a aucun plan pour nous. Voilà des gens qui travaillent pour ceux qui les ont nommés et non pour les artistes de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, les artistes vivent que de leurs économies. Mais à force de puiser dans ses économies, ils finiront et nous seront plus que ruinés mis dehors, nous aurons tout perdus. Que l’Etat vraiment nous aide, que les milliards que nous avons entendu que dedans, l’Etat puise juste un peu dedans pour nous aider. Nous sommes sans rien.

Réalisé par

LORNG Esmel, Journaliste Professionnel,Écrivain, Publiciste & Marketeur

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