TOUT SAVOIR SUR LE MANAGER D’ARTISTE

 TOUT SAVOIR SUR LE MANAGER D’ARTISTE

LE MANAGER
 DEFINITION
Qu’est-ce qu’un manager ?


C’est la personne qui représente et défend les intérêts de l’artiste. Il est
un intermédiaire professionnel entre l’artiste et les différents acteurs du
secteur musical. Son rôle est de le conseiller afin de l’aider à gérer et
développer sa carrière artistique.
Dans le monde de l’entreprise, le manager est celui qui dirige et gère.
L’analogie n’est pas anodine. A un moment de son développement,
l’activité de l’artiste devient une petite entreprise et c’est son manager qui
a en charge de la diriger et de la gérer.
Que doit-on attendre d’un manager ?
La première tâche d’un manager est de protéger et défendre en toutes
circonstances les intérêts artistiques, moraux et financiers des artistes
qu’il représente.
Les missions du manager concernent notamment :
 l’orientation de la carrière des artistes (choix de répertoire, définition
de l’image, stratégie…) ;
 la promotion de leurs prestations, de leurs enregistrements, et des
produits dérivés les concernant, en relation avec les différents
partenaires professionnels (éditeurs, producteur phonographiques,
tourneurs, promoteurs et organisateurs de spectacles, etc.) ;
 la négociation des conditions financières dans lesquelles leurs
prestations sont exploitées ;
 la recherche et la conclusion de contrats, ainsi que la vérification de
leur légalité et de leur bonne exécution ;
 l’assistance, la gestion, le suivi et l’administration de la carrière des
artistes ;
 l’examen de toutes propositions qui sont faites aux artistes ;
 la gestion de leurs agendas et de leurs relations presse.
Le périmètre d’intervention du manager est censé couvrir tous les aspects
de l’activité de l’artiste : le disque et la scène en tout premier lieu, mais
aussi le merchandising, les exploitations numériques, l’édition (si l’artiste
est lui-même auteur et/ou compositeur), les droits, les produits dérivés,
l’audiovisuel (vidéoclips, captations de concerts, programmes musicaux,
prestations radio et TV, DVD…), les synchronisations (musique à l’image),

© GL CONNECTION 2011
le licensing, les partenariats, l’image et le positionnement de l’artiste, ses
relations avec les médias (gérer les interviews par exemple), etc.
Le manager est à la confluence de tous ces champs. Intermédiaire
incontournable, il est le point de passage obligé dans les relations de
l’artiste avec l’extérieur (sphère professionnelle, médias, sollicitations
diverses). Il est à la fois son représentant, son porte-parole, son
négociateur, son avocat et son promoteur. Il constitue une sorte de chef
d’orchestre, qui conseille, développe et coordonne la carrière de l’artiste.
Le manager doit surtout avoir une vision – à la fois globale (à 360°
puisque couvrant un champ très large) et sur la durée – pour mener à
bien le développement de l’artiste et la gestion de sa carrière.
Pour résumer, le manager est là pour décharger l’artiste de tous les
aspects autres que son travail d’artiste. Il est en quelque sorte le pilote de
l’avion. Sa mission est d’amener l’artiste à destination et dans les
meilleures conditions possibles. Ce qui nécessite de savoir piloter, d’avoir
un plan de vol, de maitriser les commandes et les tableaux de bord.
En rémunération de son travail, le manager perçoit un pourcentage sur les
recettes de l’artiste (voir la fiche 4 – Le contrat de management).
Précisions
 Le management d’artistes ne doit pas être confondu avec le
« management culturel », terme qui désigne l’administration de
structures ou de projets relevant du champ culturel (spectacle vivant,
patrimoine, arts plastiques, tourisme culturel, industries culturelles et
audiovisuelles, évènementiel culturel…) et qui englobe des
métiers officiant dans des domaines très divers : administration,
chargé de production ou de diffusion, relations avec les publics,
médiation, action culturelle, mécénat, communication et marketing de
produits culturels, réalisation d’événements culturels… On peut
considérer que le manager d’artistes entre dans le champ du
management culturel mais les deux termes renvoient à des
considérations différentes.
 Le métier de manager est parfois exercé sous l’appellation d’agent
artistique, imprésario, conseiller artistique ou secrétaire d’artiste, avec
des contours qui peuvent être plus ou moins réduits. Quel que soit le
terme sous lequel il officie, il s’agit de « représentation d’artistes », à
savoir le fait de recevoir mandat – à titre onéreux – d’un ou plusieurs
artistes du spectacle aux fins de placement et de représentation de
leurs intérêts professionnels.
 D’autres termes peuvent parfois apparaître. Les artistes anglo-saxons
et les grandes stars internationales peuvent être entourés d’une équipe
de management, plus ou moins étoffée selon les cas, avec une
répartition spécifique des tâches. On parle de « personal manager » (le
manager personnel de l’artiste, qui coordonne l’ensemble de la carrière
de l’artiste), de « business manager » (en charge des aspects
purement business), de « road manager » (le manager sur la route, en
© GL CONNECTION 2011
charge des déplacements et des hôtels, de la location de matériel, du
planning et des rendez-vous avec les médias) et, pour des tournées de
plus grande ampleur, de « tour manager » (régisseur de tournée, qui
gère la production en amont, l’organisation matérielle des
représentations, la logistique, le planning, la technique et
l’administratif).
 Selon l’importance de l’artiste et de sa carrière internationale, le
manager peut aussi être amené à sous-traiter le management
opérationnel à des « managers délégués », en charge de territoires
particuliers (il est par exemple fréquent que des artistes américains
aient un « manager Europe »).
 COMMENT DEVIENT-ON MANAGER ?
Il n’y a pas profil type pour être manager, comme il n’y a pas de profil
type pour être artiste. Chaque parcours est différent. Le manager se
forme sur le terrain. C’est là qu’il acquiert son expérience et son savoir-
faire.
Formation
Ce qui n’empêche pas le candidat au management d’accélérer le
processus en se formant pour acquérir plus rapidement les connaissances
de base de la filière musicale, de son fonctionnement et de ses usages et
pour mieux maîtriser ou compléter des aspects spécifiques de son activité
(cadre juridique, contrats du music business, promotion et marketing,
utilisation des outils internet, régie technique et organisation de
spectacles, booking…) pour améliorer son efficacité.
Il existe diverses formations sur le secteur musical (mais peu sont
spécifiquement dédiées au management d’artistes), proposées par des
organismes publics ou des sociétés privées. Elles sont concentrées sur des
durées très courtes (pour les bases ou sur des thématiques très ciblées)
ou sur plusieurs mois (comme les Formations d’Issoudun – ex. cursus
« Manager du monde de la musique », qui existent depuis une vingtaine
d’années. Quelques cursus universitaires ont aussi fait leur apparition,
(comme le master « Management & carrières d’artistes » à l’Université de
Lyon II en France, validé par un diplôme) mais cela reste rare.
Qualités et compétences requises
Pratiquer l’activité de manager nécessite des qualités et compétences
diverses, parmi lesquelles :
 Une grande disponibilité (en regard du temps à y consacrer pour
espérer obtenir des résultats) et une réelle mobilité (pour accompagner
l’artiste dans ses spectacles et tournées) ;
 Une solide connaissance de la filière musicale et de ses usages ;
 Des qualités d’administration, de gestion et d’organisation ;
© GL CONNECTION 2011
 La capacité à anticiper et à planifier ;
 Un sens de la communication et du relationnel ;
 Une réelle adhésion au projet et à la musique des artistes qu’on
manage.
Des compétences commerciales et juridiques constituent des « plus »
appréciables, tout comme de disposer d’un bon carnet d’adresses. Etre
motivé, posséder une culture musicale et un réel intérêt pour les artistes
paraissent être des préalables évidents.
Pratiquer le management d’artistes nécessite aussi de savoir être patient
et être à l’écoute ; de faire preuve – chaque fois que nécessaire – de tact,
de diplomatie et de psychologie et, plus généralement, de posséder des
réelles qualités humaines. Le manager doit par ailleurs savoir s’adapter au
contexte et à ses évolutions, être débrouillard, adopter une attitude la
plus professionnelle possible, positive, dynamique et proactive.
 LA RENCONTRE ARTISTE/MANAGER
Comment trouver un manager ?
Pour un artiste en développement (qui démarre ou est encore peu connu),
trouver un manager revient à chercher une personne qui va devoir
effectuer un travail de fourmi pour le développer, et déployer pour cela
une énergie considérable, sans compter ses heures et avec une
disponibilité maximale. L’artiste ne générant pas encore d’économie au
moment où démarre la collaboration, le manager ne pourra s’attendre à
être rémunéré qu’une fois que le projet aura abouti, c’est-à-dire bien
souvent pas avant 2 ou 3 ans. Encore faut-il que le projet aboutisse (ce
qui, malheureusement, n’est pas toujours le cas) et qu’il génère une
économie suffisante… Et pendant ce délai, le manager aura à faire face à
des dépenses : téléphone, déplacements, frais de représentation, envois
postaux, bureau… Il faut donc être sérieusement motivé et convaincu du
potentiel de l’artiste pour se lancer dans une telle aventure !
Il est plus facile à un artiste « installé » et reconnu de trouver un
manager. Tout simplement parce qu’il génère déjà une économie. C’est
moins valorisant pour le manager, puisque le travail de développement a
déjà été fait, mais plus sécurisant. Le manager prend le train en marche,
une fois passée la période de prise de risques, avec pour seul challenge
d’être à la hauteur de la tâche
On peut faire appel à un professionnel dont la compétence et l’efficacité
ne sont plus à démontrer mais il n’est pas évident de le convaincre. Dans
la majorité des cas, les managers effectuent un travail harassant pour un
salaire de pacotille. Si l’on considère que 80 % des artistes ne vivent pas
ou pas suffisamment de leur métier, comment leur manager, qui ne
perçoit qu’un pourcentage de leurs revenus, pourraient-ils en survivre ?
C’est l’impitoyable réalité dans beaucoup de cas. D’où la tendance à © GL CONNECTION 2011
cumuler les casquettes (producteur de disques, producteur de spectacles,
éditeur…).
On ne consulte pas les pages d’un annuaire ni une liste sur internet pour
trouver un manager. C’est avant une histoire de rencontre et d’adhésion.
Encore faut-il susciter les occasions de rencontres. Ce qui implique pour
l’artiste de développer au maximum son relationnel, de se rendre
disponible pour fréquenter le plus possible le milieu professionnel et ses
événements et de se faire remarquer par ses acteurs, en cherchant à les
intéresser au projet et à son développement.
Une fois trouvé un interlocuteur intéressé, il faut que le contact humain
fonctionne bien et que les deux personnalités s’accordent.
Fondamentalement, la décision de se lancer dans une relation de
management doit être avant tout motivée, pour les deux parties, par une
réelle envie de travailler ensemble ; faute de quoi les chances d’être
efficace et d’aboutir à des résultats seront bien minces.
Est-il incontournable d’avoir un manager ?
Certains artistes n’en ont pas et réussissent parfaitement leur carrière.
Simplement parce que, par chance ou opportunité, ils ont bénéficié
rapidement d’un entourage professionnel efficace (éditeur, producteur,
tourneur, distributeur) et opérationnel. Ce qui est rare dans la phase de
démarrage.
D’autres ne souhaitent pas de manager, parce qu’ils ont connu des
expériences insatisfaisantes, parce qu’ils ont une image faussée et
caricaturale de ce métier ou parce qu’ils sont réticents à confier les rênes
de leur développement (et de leur business) à un tiers. Que ce soit par
défaut ou par choix, l’artiste qui n’a pas de manager n’a pas d’autre
alternative que de tout faire lui-même. Mais le « do it yourself » a ses
limites. Même avec la meilleure volonté possible et en faisant preuve
d’une grande énergie, l’artiste seul ne peut pas tout faire et a rarement
toutes les compétences pour bien gérer les différents aspects de son
développement (contrats, commercial, promotion, marketing, etc.). Et il
lui reste alors peu de temps pour pratiquer son métier d’artiste. D’où la
nécessité d’avoir quelqu’un à ses côtés pour mener la barque. La présence
d’un manager permet à l’artiste de se concentrer sur son cœur de métier.
 LA RELATION ARTISTE/MANAGER
La relation entre l’artiste et le manager implique une parfaite confiance
entre les deux parties. Elle est basée sur les rapports humains avant
d’être contractuelle. L’artiste et son manager forment en quelque sorte un
« couple » professionnel, uni pour le meilleur et pour le pire. C’est donc de
la qualité de leur relation que dépendra le devenir de l’artiste et de son
projet.
© GL CONNECTION 2011
Le cadre de la collaboration
Le manager et l’artiste sont liés par un contrat qui définit clairement le
cadre de la collaboration, sa durée, le périmètre d’intervention du
manager, sa rémunération, les engagements des deux parties, etc.
Certains artistes et managers collaborent sans avoir formalisé
contractuellement leur relation. Ce n’est pas recommandé car, en
l’absence de contrat, il est difficile voire impossible de faire valoir la
légitimité du manager vis-à-vis des tiers (notamment pour prendre des
accords et les signer pour le compte de l’artiste). N’oublions pas que
l’artiste confie à son manager le mandat de le représenter et de défendre
ses intérêts. D’où la nécessité de pouvoir le justifier si besoin.
Le contrat est là pour entériner la relation et poser un cadre à la
collaboration entre l’artiste et le manager, pour rassurer les deux parties
et acter leur engagement, pour leur rappeler leurs responsabilités
réciproques, leurs droits et obligations et pour délimiter le périmètre
d’intervention du manager. Sans parler de son utilité en cas de litige d’une
part, et pour les revenus de l’artiste dont le manager est à l’origine et qui
seront perçus au-delà de la durée fixée à la collaboration entre les deux
parties (royalties sur les ventes de disques, droits, exploitations à
l’étranger…).
Garder la ligne…
Dans la pratique, l’intervention du manager dépasse souvent sa définition
théorique ou contractuelle et peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît.
Il organise la vie professionnelle de l’artiste mais parfois sa vie privée,
tant la frontière entre les deux peut être floue et variable. Les relations de
proximité que le manager entretient avec l’artiste peuvent l’amener à
jouer, parfois inconsciemment, un rôle de confident, de psychologue, de
coach. D’autant que certains artistes aiment être « maternés ». Sans
parler d’une dimension « affective » qui peut s’installer et qui est délicate
à gérer car elle risque de fausser les relations professionnelles entre les
deux parties et de perturber le recul et l’objectivité du manager
nécessaires à la pratique de son activité. Celui-ci devra veiller à respecter
un minimum de déontologie et maintenir une ligne de démarcation à ne
pas franchir, sauf à risquer de perdre son efficacité.

LASSANE OULARÉ. ,Chargé de communication nationale de l’AMCCI (Association des Managers Culturels de Côte d’Ivoire)

admin

Related post

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *